Premier acheteur au Québec : est-ce un bon moment pour acheter une première propriété?
Premier acheteur au Québec : est-ce un bon moment pour acheter une première propriété?
Vous habitez encore chez vos parents, vous avez un emploi stable et l'idée d'acheter votre première propriété commence à faire son chemin?
Vous pensez peut-être attendre au printemps 2027 avant de commencer sérieusement vos recherches.
Pourtant, l'automne 2026 pourrait représenter une fenêtre intéressante pour certains premiers acheteurs, particulièrement ceux qui ne sont pas liés à l'échéance d'un bail.
Pourquoi?
Parce que le marché immobilier de Québec montre des signes de rééquilibrage, qu'une partie des futurs acheteurs locataires n'est pas encore activement en recherche et que plusieurs outils financiers peuvent faciliter l'accès à une première propriété.
Ça ne signifie pas qu'il faut absolument acheter maintenant.
Ça signifie plutôt qu'il pourrait être judicieux de vérifier maintenant si vous êtes prêt.
Pourquoi l'automne peut-il être intéressant pour un premier acheteur?
Un premier acheteur qui habite encore chez ses parents possède quelque chose de précieux : du temps et de la flexibilité.
Il n'a généralement pas à coordonner son achat avec la fin prochaine d'un bail.
À l'inverse, plusieurs locataires qui envisageront un achat en 2027 devront éventuellement se demander s'ils renouvellent leur logement ou s'ils deviennent propriétaires.
Ces acheteurs ne sont pas nécessairement tous actifs aujourd'hui.
Pour quelqu'un qui possède déjà une situation financière relativement stable, commencer ses démarches avant cette période peut permettre de magasiner avec moins d'urgence et, dans certaines situations, avec moins de compétition.
Le meilleur moment pour commencer un projet immobilier est souvent avant d'être obligé d'acheter.
Y a-t-il vraiment moins de compétition sur le marché immobilier de Québec?
Les dernières données disponibles donnent effectivement des signes d'un marché qui se rééquilibre.
Pour septembre 2026, l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) indique que la RMR de Québec poursuit sa route vers un marché plus équilibré. APCIQ - Site web
Cela ne veut pas dire que les propriétés sont soudainement devenues bon marché.
Ça ne signifie pas non plus que les surenchères ont disparu.
Mais pour un premier acheteur, la différence peut être importante : lorsque la pression diminue sur certaines propriétés, il peut être possible d'avoir davantage de temps pour analyser les documents, faire son inspection et comparer ses options.
Après plusieurs années où certains acheteurs avaient parfois l'impression de devoir prendre une décision presque immédiatement, un marché plus équilibré peut redonner un peu d'oxygène aux acheteurs.
Est-ce préférable d'attendre au printemps 2027 pour acheter?
Pas nécessairement.
Personne ne peut garantir aujourd'hui que les conditions seront meilleures ou moins bonnes au printemps prochain.
Il faut aussi tenir compte d'un autre phénomène : le cycle des baux au Québec.
À mesure qu'on se rapproche des périodes où les locataires doivent décider s'ils conservent leur logement, certains commencent à envisager plus sérieusement l'achat d'une propriété.
Un jeune adulte qui habite chez ses parents n'a pas nécessairement cette contrainte.
Il peut commencer à analyser le marché maintenant et acheter uniquement lorsqu'une propriété correspondant réellement à ses besoins se présente.
Son avantage n'est donc pas simplement financier.
Son avantage, c'est de pouvoir être patient.
Quelles aides existent pour un premier acheteur au Québec en 2026?
C'est probablement l'une des questions les plus importantes.
Plusieurs personnes regardent uniquement le solde de leur compte bancaire et concluent qu'elles ne sont pas encore prêtes.
Or, différents outils peuvent contribuer à la mise de fonds d'un premier acheteur.
Le CELIAPP
Le Compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété (CELIAPP) a précisément été créé pour aider les personnes admissibles à accumuler une mise de fonds.
Pour l'année où vous ouvrez votre premier CELIAPP, vos droits de participation sont de 8 000 $. Le plafond à vie est de 40 000 $. Les cotisations admissibles sont généralement déductibles du revenu imposable et l'argent peut croître à l'abri de l'impôt à l'intérieur du compte. Canada.ca
Pour quelqu'un qui habite encore chez ses parents et qui dispose d'une certaine capacité d'épargne, le CELIAPP mérite donc d'être considéré bien avant le moment de commencer les visites de propriétés.
Le RAP
Le Régime d'accession à la propriété (RAP) permet actuellement à une personne admissible de retirer jusqu'à 60 000 $ de ses REER pour acheter ou construire une habitation admissible. Canada.ca
Et un détail important est parfois méconnu :
le RAP et le CELIAPP peuvent être utilisés pour la même propriété, lorsque les différentes conditions d'admissibilité sont respectées. Canada.ca
Pour un couple dont les deux personnes sont admissibles, les possibilités deviennent évidemment encore plus intéressantes.
Cela ne signifie pas que tout le monde devrait vider ses REER pour acheter une maison. La stratégie doit être évaluée en fonction de la situation financière de chacun.
Faut-il avoir 20 % de mise de fonds pour acheter une première maison?
Non.
C'est une confusion qui revient encore régulièrement.
Une mise de fonds inférieure à 20 % est possible dans plusieurs situations, sous réserve des règles applicables au financement hypothécaire et à l'assurance prêt hypothécaire.
C'est pourquoi un premier acheteur ne devrait pas automatiquement conclure :
« Je n'ai pas 20 %, donc je ne peux pas acheter. »
La meilleure question est plutôt :
« Avec ma mise de fonds, mes revenus, mes dettes et les programmes auxquels j'ai accès, quelle est réellement ma capacité d'achat? »
C'est là qu'une préapprobation hypothécaire devient particulièrement utile. L'Agence de la consommation en matière financière du Canada recommande d'ailleurs d'obtenir une préapprobation avant de commencer les recherches afin de connaître le budget disponible. Canada.ca
Qu'en est-il des programmes pour premiers acheteurs à Québec?
Il existe également des programmes municipaux pouvant s'appliquer dans certaines situations.
Par exemple, le programme Accès Famille de la Ville de Québec peut soutenir certains ménages admissibles qui souhaitent acquérir une habitation neuve admissible.
Je considère toutefois ces programmes comme un complément, et non comme la raison principale d'acheter.
Les critères d'admissibilité, les propriétés visées et les sommes disponibles peuvent évoluer.
Le bon réflexe consiste donc à vérifier les programmes qui correspondent réellement à votre situation au moment de préparer votre projet.
Et la « taxe de bienvenue »?
Il faut également prévoir les droits de mutation immobilière, communément appelés « taxe de bienvenue ».
À Québec, ces droits sont calculés par tranches selon la base d'imposition de la propriété. Pour 2026, la Ville publie les taux applicables et permet, lorsque la facture atteint au moins 300 $, de l'acquitter en trois versements. Reglements Ville Quebec
C'est important de l'intégrer au budget dès le départ, avec les autres dépenses liées à l'acquisition : inspection, notaire, déménagement, ajustements de taxes et fonds à conserver après l'achat.
Autrement dit, la mise de fonds n'est pas le seul montant qu'il faut prévoir.
Faut-il attendre que les taux hypothécaires baissent?
C'est probablement la question à laquelle j'éviterais le plus de donner une réponse catégorique.
Personne ne sait avec certitude où seront les taux hypothécaires dans quelques mois.
Ils pourraient diminuer, demeurer relativement stables ou remonter.
Attendre uniquement parce qu'on espère obtenir un meilleur taux implique donc aussi un pari.
Pendant ce temps, d'autres variables peuvent changer : le nombre d'acheteurs actifs, le choix de propriétés, les prix et votre propre situation financière.
Plutôt que d'essayer de prédire parfaitement les taux, un premier acheteur peut commencer par connaître sa capacité d'emprunt actuelle et discuter avec un professionnel hypothécaire des options disponibles, notamment de la période pendant laquelle un taux pourrait être protégé.
Habiter chez ses parents peut-il devenir un avantage pour acheter?
Oui, particulièrement si cette période permet d'épargner et de préparer le projet.
Imaginez deux acheteurs.
Le premier doit quitter son logement dans quelques mois. Il doit trouver rapidement une propriété qui lui convient.
Le deuxième habite encore chez ses parents. Il possède sa préapprobation, sa mise de fonds est organisée et il connaît ses critères.
Il peut visiter une propriété et décider qu'elle ne lui convient pas.
Puis une deuxième.
Puis une troisième.
Il n'est pas obligé d'acheter.
Cette capacité à attendre la bonne propriété peut être un avantage considérable.
L'objectif n'est donc pas nécessairement de quitter le domicile familial le plus rapidement possible.
L'objectif est d'utiliser cette période pour devenir un acheteur préparé plutôt qu'un acheteur pressé.
Comment savoir si je suis prêt à acheter ma première propriété?
Avant même de visiter des maisons, je regarderais cinq éléments :
- votre stabilité d'emploi et vos revenus;
- vos dettes et obligations financières;
- votre mise de fonds disponible;
- votre admissibilité au CELIAPP, au RAP et aux autres programmes pertinents;
- votre capacité hypothécaire réelle.
Ensuite seulement vient la recherche de propriétés.
C'est beaucoup plus efficace de chercher une maison à 450 000 $ parce qu'on sait qu'on peut l'acheter que de tomber amoureux d'une maison à 450 000 $ avant de savoir si le financement fonctionne.
Est-ce donc le bon moment pour un premier acheteur?
La réponse n'est pas la même pour tout le monde.
Mais pour un jeune adulte qui habite encore chez ses parents, qui possède une situation financière stable et qui envisage sérieusement de devenir propriétaire en 2027, l'automne 2026 peut être un excellent moment pour commencer ses démarches.
Pas nécessairement pour acheter cette semaine.
Mais pour :
comprendre sa capacité d'achat, organiser sa mise de fonds, utiliser intelligemment le CELIAPP et le RAP, obtenir une préapprobation et commencer à observer les propriétés disponibles.
Et si une bonne occasion se présente avant que davantage d'acheteurs reviennent sur le marché?
Vous serez déjà prêt.
Le message à retenir
N'attendez pas d'être obligé d'acheter pour commencer votre projet.
Si vous habitez encore chez vos parents et que devenir propriétaire fait partie de vos objectifs, vous pourriez être beaucoup plus près de votre première propriété que vous le pensez.
La première étape n'est pas nécessairement de faire une offre.
C'est de savoir exactement où vous en êtes.
🔎 Dossier #008 — résolu.